En septembre les nouveaux reçus aux concours de recrutement de professeurs prendront leurs nouvelles fonctions.
Toujours soucieux « d’améliorer la qualification des personnels, en vue d’améliorer la réussite des élèves »(bulletin officiel de l’éducation nationale)le ministre a donc pondu une note de cadrage. Les professeurs après la réussite au concours auront droit leur première année à un traitement « aux petits oignons » qui comprend 3 volets.
1-période d’intégration :
Donc à la rentrée les nouveaux nommés au 1er septembre- bénéficieront d’une «période d’intégration et d’accueil ». Cette période doit avoir lieu avant le 31 août. Elle concernera donc les volontaires. Dans certaines académies cette période serait baptisée « kit de survie » tout un programme ! Donc ce professeur stagiaire tout neuf et surtout pas pollué ou déformé par une quelconque formation, aura en charge un service à temps complet. Traduction pour les parents et les élèves: le professeur des écoles aura en totalité une classe et dans les lycées et collèges le professeur aura les mêmes enseignements qu’ un professeur expérimenté. Et ceci bien sûr sans aucune réduction de cours pour le démarrage dans le métier.
2-formation dans les classes : pendant son temps de travail devant tous ses élèves, il « bénéficiera d’une formation dans ses classes », fondée sur le compagnonnage. En clair un collègue « tuteur » viendra (lui en sus de ses cours) le voir et le conseiller. En primaire on verra.
3-formation continuée : 1 journée par semaine les professeurs seront regroupés pour des formations. En plus il y aura 1 ou 2 semaines de regroupements. Alors ce professeur devra être remplacé. Oui mais par qui ? On peut penser que les étudiants en masters, futurs candidats au professorat seront intéressés par ce type de « stage professionnalisant », ou alors par les Professeurs remplaçants TZR. Le problème étant qu’ils sont déjà en nombre insuffisant.
Et dans tout ça, qu’en est-il des élèves qui en sus d’avoir un néophyte en début d’année pourront en cours d’année scolaire voir défiler 1 ou plusieurs étudiants (potentiellement candidats professeurs).
En conclusion on a remplacé l’ancien système de formation des professeurs par rien et même moins que rien. Les enfants sont les cobayes d’une entreprise de démolition de la formation des enseignants. Cela est vraiment très inquiétant.
MG
Il faut rappeler que l'ancien système comprenait une année de formation en IUFM, rémunérée, ce qui permettait à des étudiants issus de milieux modestes de pouvoir devenir professeurs : ce sont ainsi 16 000 postes qui ont été supprimés à la rentrée 2009-2010 ! Autant d'économisé, chaque année, pour l'Etat qui sacrifie sa jeunesse sans vergogne : un vrai scandale ! G Boube